Accessible dès 18 ans, le permis A2 autorise la conduite de motos jusqu’à 35 kW (47,5 chevaux) avec un rapport puissance/poids limité à 0,2 kW/kg. Cette catégorie attire chaque année des milliers de candidats vers la moto intermédiaire, positionnée entre le permis A1 et le permis A illimité.
Contrairement aux idées reçues, obtenir ce permis représente un investissement conséquent. Formation obligatoire, examens théoriques et pratiques, équipements de protection : le budget global dépasse souvent les 2000 euros. Voilà pourquoi une préparation méthodique s’impose.
Les nouvelles réglementations de 2025 modifient par ailleurs certaines modalités d’examen, notamment la durée de l’épreuve en circulation, raccourcie à 32 minutes contre 40 minutes auparavant.

Conditions d’éligibilité renforcées depuis 2024
L’âge minimum reste fixé à 18 ans révolus, sans dérogation possible. Cette limite s’explique par les statistiques d’accidentologie des jeunes conducteurs de deux-roues, particulièrement élevées avant cet âge.
Nouveauté administrative : les candidats nés après le 1er janvier 1987 doivent impérativement présenter l’ASSR2 (Attestation Scolaire de Sécurité Routière niveau 2) ou l’ASR (Attestation de Sécurité Routière). Cette mesure vise à s’assurer d’une sensibilisation préalable aux risques routiers spécifiques aux deux-roues.
Pour les ressortissants étrangers, la réglementation impose une résidence en France d’au moins six mois consécutifs, attestée par des justificatifs de domicile. Cette exigence complique parfois les démarches des étudiants internationaux ou des travailleurs en mobilité.
La constitution du dossier administratif nécessite également une photo d’identité aux normes OACI, une pièce d’identité en cours de validité et un justificatif de domicile récent. Les délais de traitement en préfecture varient selon les départements, de deux à six semaines.
Formation pratique de 20 heures réparties en deux modules
Le volume de formation s’établit à 20 heures minimum pour les primo-accédants, décomposées en 8 heures de plateau et 12 heures de circulation. Avantage pour les détenteurs du permis A1 : leur formation se limite à 15 heures, reconnaissance de leur expérience antérieure.
Sur le plateau, les candidats apprennent la maîtrise à allure réduite, les freinages d’urgence et les manœuvres d’évitement. Programme chargé. En circulation, l’accent porte sur l’insertion dans le trafic, les dépassements sécurisés et la lecture de l’environnement routier.
Attention aux auto-écoles qui proposent des forfaits « tout compris » attractifs : souvent, les heures supplémentaires s’avèrent nécessaires. Le taux de réussite en première tentative plafonne autour de 60% selon les statistiques officieuses des moniteurs. Prévoir un budget pour 3 à 5 heures additionnelles reste prudent.
La qualité de la formation dépend largement du parc moto de l’établissement. Privilégier les écoles équipées de Honda CB 500 ou Yamaha MT-07, motos réputées dociles pour l’apprentissage. Éviter celles qui utilisent uniquement des modèles anciens ou mal entretenus.
Épreuve Théorique Moto obligatoire depuis mars 2020
L’ETM (Épreuve Théorique Moto) remplace désormais l’ancien code de la route pour tous les candidats aux permis moto. Composée de 40 questions, elle exige 35 bonnes réponses minimum, soit un taux de réussite de 87,5%.
Coût de passage : 30 euros par tentative dans un centre La Poste ou SGS. Les résultats tombent sous 24 heures par email, mais les sessions d’examen sont parfois saturées. Réserver sa place plusieurs semaines à l’avance évite les mauvaises surprises.
Les questions portent spécifiquement sur la conduite moto : positionnement sur la chaussée, distances de sécurité adaptées, comportement en courbe, risques météorologiques. Plus technique que le code auto, l’ETM demande une préparation dédiée de 2 à 3 semaines selon les profils.
Certaines auto-écoles incluent la préparation ETM dans leurs forfaits, d’autres la facturent en supplément. Se renseigner avant signature du contrat de formation pour éviter les frais cachés. Les applications mobiles spécialisées facilitent l’entraînement quotidien.
Épreuve du plateau raccourcie mais technique
Durée limitée à 10 minutes chrono, l’épreuve hors circulation teste six manœuvres successives sans temps de récupération. Stress garanti pour les candidats peu préparés.
Parcours sans moteur d’abord : déplacement de la moto sur 50 mètres, un seul essai autorisé. Élimination immédiate en cas d’échec, règle impitoyable qui surprend encore des candidats mal informés.
Viennent ensuite les manœuvres à allure lente : slalom, demi-tour, marche arrière simulée, freinage de précision. Deux essais maximum par exercice, mais l’inspecteur peut interrompre la séquence si les fautes s’accumulent.
Partie rapide enfin : évitement et freinage d’urgence à 50 km/h sur sol sec. La distance d’arrêt ne doit pas excéder les plots de signalisation, sous peine d’ajournement. Les conditions météo influencent peu cette épreuve, contrairement aux examens auto.
Circulation réduite à 32 minutes en 2025
Changement notable : l’épreuve en circulation passe de 40 à 32 minutes effectives depuis janvier 2025. Cette réduction vise à fluidifier le passage des examens, face à l’engorgement croissant des créneaux disponibles.
Barème inchangé : 21 points minimum sur 31 possibles, sans commettre de faute éliminatoire. Les principales causes d’échec restent les refus de priorité, les dépassements hasardeux et le non-respect des distances de sécurité.
L’itinéraire couvre différents environnements : agglomération dense, voies rapides, zones résidentielles. L’inspecteur évalue la capacité d’adaptation du candidat aux situations variées, plus que sa technique pure de pilotage.
Particularité moto : l’examinateur suit en voiture et communique par radio. Cette configuration déstabilise certains candidats habitués à la présence physique du moniteur. S’entraîner avec ce dispositif durant la formation évite l’effet de surprise le jour J.
Budget total entre 1640 et 2240 euros tout compris
Le coût de formation varie de 800 à 1000 euros selon les régions et la réputation des établissements. Paris et sa région affichent les tarifs les plus élevés, tandis que certaines zones rurales pratiquent des prix plus accessibles.
Examens théoriques : 30 euros l’ETM, potentiellement à multiplier en cas d’échecs répétés. Les épreuves pratiques restent gratuites, mais l’accompagnement obligatoire par un moniteur coûte environ 90 euros par tentative.
L’équipement de protection représente un investissement de 600 à 1000 euros minimum. Casque homologué (150-400€), gants certifiés CE (50-150€), blouson renforcé (200-500€), pantalon ou combinaison (150-300€), bottes montantes (100-200€). Économiser sur ces éléments compromet la sécurité.
Additionnés, ces postes budgétaires atteignent effectivement 1640 euros minimum dans le meilleur scénario, jusqu’à 2240 euros en cas de difficultés d’apprentissage. Les candidats sous-estiment souvent cette réalité financière.
Motos recommandées pour débuter en A2
Puissance limitée à 35 kW, mais attention au piège du bridage. Seules les motos développant maximum 70 kW en version d’origine peuvent être légalement bridées pour l’A2. Cette règle élimine de nombreux modèles sportifs attractifs mais inadaptés.
Honda CB500 Hornet et Yamaha MT-07 dominent le marché du débutant pour de bonnes raisons. Position de conduite naturelle, couple généreux à bas régime, comportement prévisible : elles pardonnent les erreurs de pilotage.
Alternatives intéressantes : Kawasaki Ninja 400 pour les amateurs de sport, BMW G 310 R pour la fiabilité allemande, KTM Duke 390 pour le tempérament plus affirmé. Éviter les motos bridées trop puissantes d’origine : elles conservent un comportement parfois déconcertant malgré la limitation électronique.
Marché de l’occasion dynamique pour ces cylindrées. Une MT-07 de 2-3 ans se négocie autour de 5000-6000 euros, soit une décote acceptable. Privilégier les exemplaires suivis en concession avec historique d’entretien complet.
Quelle est la durée de validité de l’ETM une fois obtenue ?
L’Épreuve Théorique Moto reste valable pendant 5 ans après sa réussite. Ce délai vous permet de passer les épreuves pratiques sans devoir repasser l’examen théorique.
Combien d’essais sont autorisés pour les épreuves pratiques ?
Vous disposez de 5 tentatives maximum pour l’épreuve de circulation après avoir réussi le plateau, dans un délai de 3 ans. Pour le plateau lui-même, pas de limite officielle mais des frais supplémentaires à chaque échec.
Peut-on brider une moto de 100 chevaux pour le permis A2 ?
Non, seules les motos développant maximum 70 kW (95 chevaux) en version d’origine peuvent être légalement bridées à 35 kW pour l’A2. Une moto de 100 chevaux reste interdite même bridée.
L’équipement complet est-il vraiment obligatoire pour l’examen ?
Oui, casque homologué, gants certifiés CE, blouson ou veste à manches longues, pantalon et chaussures montantes sont obligatoires pour passer les épreuves pratiques. L’absence d’un élément entraîne l’annulation de l’examen.
Pour aller plus loin :